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Matka

Un délire savamment organisé

Gilles Costaz, Webthea, 19 juin 2014

En France, on monte peu Witiewicz, génial auteur polonais mort de sa propre décision en 1939. Il avait beaucoup d'avance sur le théâtre de l'absurde et ses pièces se moquent follement de la logique et des certitudes intellectuelles. Polonaise de Paris, Elizabeth Czerczuk a établi un montage à partir de plusieurs textes, suivant l'idée centrale d'une femme à la fois muse et monstre. Tiraillé entre deux femmes - l'acteur est véritablement écartelé par deux jeunes filles qui s'acharnent chacune sur un filin menant au même homme désiré -, un bourgeois évolue dans un monde où défilent des êtres séduisants et vénéneux. Des miroirs et des meubles à roulettes circulent dans l'espace, reflétant ou cachant femmes en robes chic ou en collant, messieurs en frac. Dans ce labyrinthe où s'égarent la vérité et le désir, l'homme en perd son habit sans être certain de survivre dans cet univers nocturne traversé de lumières rouges. C'est inracontable, d'autant plus que Witkiewicz aime à casser ses histoires et à lancer diverses mises en question théoriques ou farfelues ("On ne sait pas ce qu'est la vie, on ne sait pas ce qu'est la mort"). Elizabeth Czerczuk ne se prive pas de faire de même, dirigeant ses acteurs dans un délire très organisé et soutenu par une musique savamment sournoise de Matthieu Vonin. 

C'est un spectacle qui ne ressemble à aucun autre car on ne connaît plus ce style dramatique à Paris. Il faut sans doute remonter aux passages de Tadeusz Kantor et de son Teatre Cricot 2 pour retrouver ce sens du tourbillon funèbre, du grotesque vengeur dont la violence est aussi métaphysique que sociale. Cela peut surprendre, dérouter en notre temps où l'avant-garde a pratiquement disparu. Mais, précisément, voilà une occasion de découvrir un théâtre surprenant qui revendique sa filiation avec les grandes révolutions esthétiques des années 70 et exprime une étrange beauté pugnace.

Matka

Martine Piazzon, Froggy’s Delight, septembre 2014


Comédie dramatique écrite et mise en scène par Elizabeth Czerczuk d'après l'oeuvre de Stanislaw Ignacy Witkiewicz, avec Elizabeth Czerczuk Véronique Rousset, Zbigniew Rola, Zbigniew Rola, Yann Lemo, Marina Glorian et Ewa Barton.

Elizabeth Czerczuk propose avec "Matka ou la mère maquerelle" un spectacle exceptionnel, hors norme, atypique, singulier et unique en ce qu'il procède à la concrétisation de la théorie de la Forme pure élaborée par le dramaturge, philosophe, peintre et romancier polonais, Stanislaw Ignacy Witkiewicz.

Affilié au Formisme, moins connu que son compatriote et homologue contemporain Witold Gombrowicz, un autre des trois mousquetaires de l'avant-garde polonaise avec Bruno Schultz, Stanislaw Ignacy Witkiewicz a élaboré la théorie d'un théâtre nouveau qui serait un théâtre métaphysique, montrer l'invisible, le sur-réel, conçu comme le véhicule pour tenter de percevoir le mystère de l’existence, intégrant le principe du dualisme intérieur/extérieur qui s'applique à toute oeuvre d'art.

A savoir un théâtre nourri de l'émotion de l'âme de l'artiste, le jeu de l'acteur doit être "le produit naturel de son monde intérieur", capable de générer une émotion analogue dans celle du spectateur, un théâtre d'incarnation qui cependant se situe aux antipodes du théâtre stanislavskien et qui s'exprime de manière totale en intégrant à parts égales tous les éléments du spectacle, du texte à la dramaturgie du corps en passant par le décor, la danse et la musique selon le principe de l'unité dans la multiplicité.

Cette théorie esthétique complexe et non intuitive en rupture totale avec les codes "usuels" du théâtre, qui n'est pas sans accointance avec le dadaisme et le surréalisme et surtout le théâtre grec antique par sa quête d'approche du sacré et du mystère, implique le rejet du réalisme et des conventions de la représentation, l'absence de linéarité narrative à laquelle est substituée une succession d'événements susceptibles de révéler la psychologie et le comportement du personnage tout en primant ces derniers et, bien évidemment, la suppression de toute intrigue.

Cela étant, Witkiewicz n'a pas laissé d'indication sur la traduction "concrète" de ce théâtre anti-naturaliste, anti-illusionniste et anti-psychologique

Tous ces éléments doivent être présents à l'esprit pour aborder et apprécier le travail d'exploration et de transposition scénique auxquels se consacre Elizabeth Czerczuk et qui se traduisent par la conception de spectacles qu'elle qualifie de "pièces chorégraphiées" dans lesquelles la gestuelle est aussi importante que le verbe et dont elle signe la mise en scène, la scénographie et la chorégraphie.

Des spectacles qui implique un état de "lâcher prise absolu" tant au regard de la vie réelle que du sens et du rôle du théâtre pour s'immerger dans un univers très soigneusement élaboré malgré l'impression kaléidoscopique première qui peut s'en dégager.

"Matka" déploie un univers d'une inquiétante étrangeté, pouvant être qualifié d'onirique ou de fantasmatique à défaut d'un adjectif plus approprié, peut-être une quatrième dimension, qui est soutenu par les lumières crépusculaires de Sharron Printz et la partition musicale lancinante composée par Matthieu Vonin, qui, à l'exception de brefs intermèdes évoquant la musique farcesque de cabaret berlinois, l'immerge dans l'ésotérisme.

Dans cet entre-deux mondes peuplés de créatures féminines invasives (Véronique Rousset, Ewa Barton et Federica Romano), se joue une tragédie immémoriale, celle du couple premier et impossible, celui de la mère et du fils, une mère douloureuse et monstrueuse telle une veuve noire qui évoque "L'Araignée qui pleure," du peintre Odilon Redon, qui se consume d'avoir donné le jour à un enfant qui ne répond pas à ses espérances, et un fils parasite et amoral ravagé par un oedipien amour indéfectible car sans résilience.

S'enchâssent différents espaces-temps dilatés qui éclairent cette relation délétère ancrée dans une société déliquescente, caractérisée par l'inassouvissement, la décadence de l'art et la mort de Dieu, qui n'a pu engendrer "l'homme nouveau" qui est dispensée dans un registre syncrétique qui, toutefois, fait la part belle au grotesque.

S'enchâssent différents espaces-temps dilatés qui éclairent cette relation délétère ancrée dans une société déliquescente, caractérisée par l'inassouvissement, la décadence de l'art et la mort de Dieu, qui n'a pu engendrer "l'homme nouveau" qui est dispensée dans un registre syncrétique qui, toutefois, fait la part belle au grotesque.

Yann Lemo et Zbigniew-Yann Rola incarnent respectivement le fils adolescent facétieux et rebelle et le fils adulte angoissé.

Dans le rôle-titre, et aux trois âges de la vie, Elizabeth Czerczuk, au jeu à la fois ténu, comme fantomatique, et puissant par sa démesure, est magistrale et elle propose un spectacle qui, certes, peut déconcerter et dérouter mais s'avère convaincante car impressions esthétiques et sensations de transcendance sont au rendez-vous.

Matka

Jean-Yves Bertrand, Revue-spectacles, 22 septembre 2014

Librement inspiré de la pièce de Stanislaw Ignacy WITKIEWICZ, ce Matka ou la mère maquerelle d'Elizabeth CZERCZUK est un spectacle total qui mêle mots, musique, lumières, chorégraphie et... folie !
Les costumes (nombreux) et le décor (chaises, miroirs) n'échappent pas à la frénésie ambiante et l'ensemble nous fait peu à peu perdre pied - une vraie immersion - entre doubles et/ou paradoxes temporels...
... d'où une nécessaire et bienvenue distanciation pour ne pas perdre, nous aussi, la raison !

Matka

Laetitia Della Torre, Chaaabert !, 25 septembre 2014

C’est l’automne. Les feuilles des arbres commencent à tomber, l’air devient plus frais. Le climat se fait mélancolique. Finie la légèreté de l’été. Le temps passe. Inéluctablement… C’est normal. Rien de tragique. Ça fait partie du fonctionnement du monde tel qu’il est fait avec ses règles scientifiquement établies. Au cas où vous n’aurez pas remarqué, la plupart d’entre nous vit dans un espace-temps unique, rationnel. Mais il est vrai que certains peuvent se jouer de toutes les règles et explorer une réalité multiple, flirter avec la quatrième dimension. Et si vous aussi souhaitez faire un tel voyage, vous pouvez aller voir Matka ou la mère maquerelle, une création originale d’Elizabeth Czerczuk s’inspirant de l’œuvre de Witkiewicz. L’événement a lieu 20 rue Marsoulan au Théâtre Laboratoire, à deux pas de Nation. C’est l’occasion de se mettre au théâtre polonais et découvrir un auteur original.

Witkiewicz, de l’ineffable inassouvissement métaphysique

Stanisław Ignacy Witkiewicz nous vient donc tout droit de Pologne. Ayant vécu au tout début du XXème, le type est un pur produit des avant-gardes. Fils de critique d’art, il se destine d’abord à la peinture mais termine dramaturge. Il sera un temps le secrétaire d’un anthropologue, Malinowski, avec lequel il fait un petit voyage en Nouvelle-Guinée pour se remettre du suicide de sa chère et tendre. De retour en Pologne, il se met à écrire des essais théorisant ses recherches esthétiques sur ce qu’il nomme la forme pure, mais aussi des romans aux titres aussi joyeux que L’Inassouvissement, L’Adieu à l’automne ou encore La Seule Issue. Il fait deux ou trois dépressions. Et il finit par se suicider lorsqu’en 1939 les nazies envahissent la Pologne.

Il eut peu de succès de son vivant. Encore un artiste incompris et maudit. Mais son œuvre a tout de même influencé Kantor, LE grand metteur en scène polonais du XXème siècle. On dit que Witkiewicz est précurseur du théâtre de l’absurde. Il fait simplement partie de l’avant-garde polonaise avec les deux grands fous que sont Bruno Schulz et Witold Gombrowicz. Tous les trois sont de la même génération que Kandinsky, Malevitch, Balla, Kafka… A l’époque tous les artistes européens nageaient plus ou moins dans le même délire. Il fallait tout d’un coup se débarrasser de toutes les règles, faire abstrait. Witkiewicz n’échappe pas à cette mode. Si le truc de Kandinsky c’était « la nécessité intérieure », lui avait pour idéal « la forme pure ». Le but de l’art est selon lui de transmettre « quelques chose d’insaisissable, quelque chose d’autre que l’on ne rencontre pas dans la vie, qui ne se trouve pas dans les événements qui se déroulent, mais existe bel et bien » . En un mot, si tu peins un tableau, les tâches de peinture ne doivent pas représenter une pomme ou un camembert mais traduire l’invisible, l’ineffable, exprimer des visions cauchemardesques, des rêves.

Matka ou la mère maquerelle, « une œuvre sous tension »

« Matka, ou la mère maquerelle « est en fait une adaptation d’une pièce de Witkiewicz intitulée La Mère, pièce répugnante. Il s’agit d’un objet scénique improbable, à « une œuvre sous tension » étrange et captivante. Difficilement résumable, ce spectacle est relativement ouvert à l’interprétation et à la rêverie. Néanmoins l’on comprend aisément, si l’on est doté de facultés intellectuelles normales que, sur la scène, s’oppose une mère et son fils Léon, un écrivaillon. Cette femme, détruite par la drogue et l’alcool, réduite à ressasser impuissante le désastre de son existence. Hantée par souvenir de son défunt mari, mort au Brésil, elle vit avec son fils Léon, qui lui semble filer un très mauvais coton. Mais la crise n’est pas que familiale. Matka est un pièce sur la perte de toute valeur, qu’elles touchent à la politique ou à la création artistique. Ayant rompu tout amarre, Matka se perd alors dans ses fantasmes et ses souvenirs.

« Nous sommes de la même étoffe que les rêves »

Matka ou la mère maquerelle a beau être un texte dense, riche en digressions existentielles et philosophiques, il est très loin d’être le centre du spectacle. C’est qu’on se trouve à des années lumières de la tradition de jeu française, très attachée au matériau littéraire. Les recherches de la Compagnie Elizabeth Czerczuk se situent plutôt dans la droite ligne des spectacles de Kantor et de la culture théâtrale polonaise, soit une forme d’art plus expérimentale, laissant place à l’expression vocale et corporelle. Il s’agit d’un théâtre chorégraphique, où des compositions scéniques expriment tout autant de choses qu’un simple mot.

Matka ou la mère maquerelle parvient à créer une atmosphère de rêve éveillé. On assiste à la cristallisation de visions oniriques, à la fabrique d’images angoissantes et troublantes. Le plateau devient l’espace de tous les possibles, laissant l’imaginaire galoper au rythme d’une musique lancinante composée par Matthieu Vonin. Dans les nappes de lumière d’un éclairage crépusculaire, signé par Sharron Printz, on devine les présences fantomatiques des comédiennes (Elizabeth Czerczuk, Véronique Rousset, Ewa Barton, Federica Romano). Une femme vêtue d’une robe de dentelle rouge virevolte et nargue Léon (Zbigniew-Yann Rola) d’un air démoniaque. Une autre se noie dans son propre chagrin, disparait enveloppée de tulle. Soudain, elle parait se dédoubler. Elle est maintenant accompagnée d’une présence inquiétante qui n’est d’autre que la mort. Un homme au panama et en veste blanche (Yann Lemo), avatar de Witkiewicz, tente de superviser ce beau chaos, et de nous prévenir que la Forme pure c’est pas ça du tout. Mais Matka ou la mère maquerelle est un délire trompeur. Car ce n’est jamais, mais jamais, le bordel sur le plateau. La chorégraphie est précise. L’image scénique doit frapper juste, n’être jamais artificielle ou gratuite, mais transmettre aux spectateurs des sensations ou émotions, des états divers et variés allant du désespoir à la dérision.

Matka

Théâtre Novateur - 10/10
Elizabeth Czerczuk a créé une formule de Théâtre " Laboratoire " qui même s'il dérange, nous permet de découvrir par son habileté de la mise en scène, sa persévérance ,ses grandes connaissances de la danse et du théâtre contemporains , des oeuvres confidentielles comme celles de ce Polonais Stanislaw Ignacy Witkiewicz . Ce laboratoire mérite toute notre attention et permet de découvrir de grands textes et auteurs cachés dans notre vivier littéraire des 20 et 21ème siècles. Avec " Martha ou la Mère Maquerelle" nous découvrons un couple qui se déchire avec comme toile de fond un monde en perdition où se mêlent sexualité, perversité, corruption, avec des touches d'humanité très surprenantes. Tout est parfaitement orchestré : Texte, chorégraphie, musique et mise en scène. Les acteurs sont superbes dans leur rôle et nous assistons à l'adaptation d'une œuvre extraordinaire de lucidité et d'intelligence. Certes un spectacle qui ébranle et perturbe parfois. Bravo à tous et osez aller _______________ voir ce spectacle qui aide à découvrir et comprendre le bon théâtre contemporain. Alain Cléro
                              alainclero75, BilletRéduc, 27 avril 2014

Matka

Allez-y sans hésiter ! - 9/10
"Complétement barré" penserez-vous. Oui, mais ça se tient ! Sans jamais sombrer. Du théâtre total, de la mise en scène au travail exceptionnel des comédiens, en passant par la musique, les lumières, et les surprenants costumes... En un mot : une réussite. Je ne peux vous en dire plus, je vous laisse vivre l'expérience en vous en dévoilant le moins possible. Un grand moment de théâtre !
Max, BilletRéduc, 24 octobre 2014


Bravo - 10/10
Un spectacle de qualité une mise en scène sombre , une descente au enfer, des comédiens très bon , une Matka ( Marguerite-marie LOZAC'H)excellente , je vous recommande ce spectacle.
tictic56, BilletRéduc, 27 avril 2014

Matka

Un chef d'œuvre au 21eme siècle c'est rare !! - 10/10
Ma sensibilité me permet de considérer cette pièce tel un tableau peint et dépeint par l'artiste jusqu'à ce que la perfection se définisse dans son imperfection. La vie, l'existence, la conséquence, le délire et l'imaginaire en un tableau idyllique de mouvements de miroirs caractérisant la question, le déchirement entre réalité et légèreté. Un drame dédramatisant, touchant et qui prête a la réflexion de notre position dans l'espace. Certes l'écrivain est le premier en ligne a être valorisé a travers un discours parfaitement interprété dans le silence de cette pièce. Le tout, dans la noblesse de la musique et du mouvement. Des acteurs de qualité qui nous font vivre une personnification entière sur la sensibilité du sujet. J'étais surprise et heureuse de voir des acteurs de tout pays jouer dans une pièce interprété en français. Bravo! Cela n'aurait pas eu le même effet sans le petit accent de chacun, la variété que nous apportent les acteurs. Une pièce dont je suis tombée amoureuse et qui doit _____________  surement faire honneur à Stanislaw Witkiewicz. Merci Elizabeth Czerczuk, le metteur en scène   ____________   de cette pièce, qui nous fait rêver le possible!!
                              Hermars, BilletRéduc, 27 avril 2014

Matka

Une expérience rare - 8/10
Finalement une pièce qui sort un peu de l'ordinaire à Paris ! Bravo aux acteurs, tous superbes et littéralement "habités" pendant 1h15. Une vraie œuvre totale, avec partition musicale originale, mise en scène aussi angoissante qu'elle doit l'être, et une performance bluffante. Qui nous permet aussi de découvrir Witkiewicz, écrivain avant-gardiste polonais injustement méconnu en France. Un théâtre exigeant, brutal mais très enrichissant. A découvrir.
Bxlois, BilletRéduc, 28 septembre 2014


ORIGINAL & TRES CONTEMPORAIN - 7/10
Belle mise en scène et bonne interprétation, spectacle joliment costumé. Sujet très contemporain pour amateurs avertis.
                              Jean-Marie, BilletRéduc, 24 avril 2014

Matka

Un beau spectacle - 9/10
Une mère et un fils qui se déchire jusqu'à l'irréparable. Plus qu'une pièce, c'est un véritable spectacle, lumières, musique, mise en scène, costumes... J'ai tout adoré sauf les passages en polonais. Cette pièce m'a touchée et bouleversée. Mais l'humour reste un plus dans les situations les plus dramatiques. J'ai beaucoup hésité surtout pour mon ami Thierry et au final ce fut une très belle expérience. Bravo aux artistes et à E Czerszuk, pour la mise en scène. Claire.
titi94, BilletRéduc, 6 juillet 2014

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